mardi 23 octobre 2012

LE SERMON d’ADIEU...

zeinab abdelaziz

 

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LE SERMON d’ADIEU...

Zeinab Abdelaziz

 

En la dixième année de la Hedjra, Le Prophète (saws) exprima son désir d’aller au pèlerinage, accomplir ce pilier de l’Islam en tant que simple pèlerin. Cent quarante-quatre mille personnes l’accompagnèrent. Le 9 Dhul-Hedja, de sur la montagne d’Al-Rahma, à ‘Arafât, il prononça ce qui fut nommé le Sermon d’Adieu. Après avoir loué et remercié le Seigneur, le Prophète Mohammad (saws), Commandant et Idéal Suprême des musulmans, commença son Sermon d’Adieu en disant :

 

« Adorateurs d’Allah, je vous recommande de craindre Allah, je vous incite à Lui obéir, et je commence par ce qui est l’essentiel : ô peuple, prêtez-moi attention, je vous explicite car je ne sais, il se peut que je ne puisse vous rencontrer après cette année-ci, dans ce même endroit… O peuple : votre sang et vos biens sont sacralisés jusqu’à ce que vous rencontriez votre Seigneur, comme la sacralité de ce jour-ci, en ce mois-ci, dans cette Cité. Ai-je transmis ? O Allah, Sois-en Témoin !

 

« Quiconque a un bien qui lui a été confié qu’il le rende à celui qui lui en a fait confiance. L’usure des temps préislamiques est délaissée, mais vous gardez vos capitaux : ne soyez pas injuste pour ne pas subir d’injustice, Allah Décréta : point d’usure. La première usure que je délaisse est celle de mon oncle [paternel] Al ‘Abbas ebn Abdelmotteleb. Tout sang de vengeance préislamique est annulé, à commencer par le sang de ‘Amer ebn Rabi’a ebn Alharith [un proche du Prophète] ; de mêmes, les exploits préislamiques sont délaissés à part le service de la Kaaba, l’aménagement de l’eau potable, la préméditation du meurtre. Le meurtre par accident : un bâton ou une pierre lancés, à compenser par cent chameaux. Quiconque surajoute est de parmi les gens préislamiques. Ai-je transmis ? O Allah, Sois-en Témoin !

 

« O peuple, Satan désespéra d’être adoré dans votre Terre-ci, mais se contenta d’être obéi, à l’exception de cela, par ce que vous accepterez de commettre de mauvaises actions.

Evitez-le donc pour préserver votre religion. O peuple, « An-Nassi’ n’est qu’un surplus de mécréance par lequel se fourvoient ceux qui devinrent mécréants : ils le profanent une année et le sacralisent une année afin qu’ils fassent concorder le nombre de ce qu’Allah A Sacralisé. Ainsi, ils profanent ce qu’Allah A Sacralisé » (9 : 37). Le temps redevint tel qu’il était le jour où Allah Créa les Cieux et la terre, « Certes, le nombre des mois auprès d’Allah est douze mois, dans le Livre du Destin, le jour où Il Créa les Cieux et la terre » (9 : 36), quatre de parmi eux sont sacrés : trois se succèdent et un esseulé. Dhoulqe’da, Dhul-Hedja, Almoharram ; et Ragab, qui survient entre Djumâda et Sha’bân. Ai-je transmis ? O Allah, Sois-en Témoin !

 

« O peuple, vos femmes ont des droits sur vous, et vous avez des droits sur elles. Vous avez le droit qu’elles n’invitent personnes dans votre demeure ni quelqu’un que vous haïssez sans votre permission, et qu’elles ne commettent point d’infamie. Si elles les commettent, Allah vous a permis de les contraindre, de déserter leur couches, de les frapper sans excès. Si elles cessent et vous obéissent, il vous incombe de les nourrir et de les vêtir en faisant le meilleur, et traitez-les gentiment, car les femmes chez vous sont des partenaires, et n’y peuvent rien pour elles-mêmes. Vous les avez prises comme épouses avec la permission d’Allah, et vous avez consumé le mariage par la parole d’Allah. Craignez-donc Allah en traitant les femmes, et soyez bien attentionnés envers elles. Ai-je transmis ? O Allah, Sois-en Témoin !

 

« O peuple, les croyants ne sont que des frères, aucune personne n’a le droit de s’emparer des biens de son frère à moins qu’il n’y consente de lui-même. Ai-je transmis ? O Allah, Sois-en Témoin !

 

« Ne redevenez-donc pas mécréants après mon départ et ne vous vous entre-tuez point les uns les autres car j’ai laissé parmi vous ce que, si vous le mettez en pratique, vous ne vous égarerez jamais : le Livre d’Allah. Ai-je transmis ? O Allah, Sois-en Témoin !

 

« O peuple, écoutez mes paroles et méditez : votre Dieu est Un, votre père est un, vous descendez tous d’Adam et Adam est de poussière. Le plus noble d’entre vous auprès d’Allah est le plus pieux. Aucun arabe ne prévaut sur un non-arabe que par la piété. Ai-je transmis ? O Allah, Sois-en Témoin ! ». Ils dirent : Oui. Il dit : « Que celui qui est présent avertisse l’absent ».

 

« O peuple, Allah A Réparti à chaque héritier sa part de l’héritage, point de testament pour un héritier ; il n’est permis de faire un testament que dans la mesure du tiers [de l’héritage]. L’enfant a le lien du mariage, l’adultère n’a que la pierre. Quiconque se rapporte à un autre que son père ou prend un autre parrain qu’il soit maudit par Allah, les anges et toute l’humanité. On n’acceptera de lui ni protection ni justice. Que la paix et la miséricorde d’Allah soit avec vous ».

 

Lorsque le prophète (saws) termina son Sermon d’Adieu, et après avoir accompli la prière de midi et du ‘Asr, il se dirigea vers les Rochers. Là, il récita ces Paroles d’Allah :

 

« Aujourd’hui, J’ai Parachevé pour vous votre religion, J’Ai Parfait ma Grâce envers vous, et J’Ai Agréé pour vous l’Islam comme religion » (5 : 3).

 

Ce Sermon d’Adieu, prononcé le jour du Pèlerinage d’Adieu, est un sommet humain dans sa profondeur et par sa concision qui représente, en un sens, la Boussole que tout musulman se doit de tenir en main ou de garder en tête. C’est la synthèse du Message que le prophète a passé vingt-trois ans à transmettre pour rectifier le monothéisme qui fut dévié à deux reprises, pour former le caractère du musulman selon le critère Divin, et pour tracer les lignes infranchissables entre les musulmans en tant que frères.

 

Il est étonnant et bouleversant à la fois de voir le prophète prendre Allah à Témoins, sept fois, qu’il a transmis ce qu’il voulait communiquer comme critères à ses fidèles ; qu’il n’a pas manqué à son devoir, lui, le prophète, face au Créateur. Ce qui révèle non seulement l’importance de chacune de ces directives, mais l’obligation de les suivre, de les appliquer effectivement le long de notre vie, car nous aurons à rendre compte au Seigneur le jour du Jugement.

 

Si on essaye de revoir ces sept fois au cours desquelles le prophète (saws) prend le Seigneur à témoins d’avoir transmis le message, on verra peut-être un peu mieux la valeur de cet ultime Discours/Testament qui nous a été légué, cet acte de dernière volonté du prophète, et duquel nous nous sommes effroyablement éloignés ...

 

1 - Il commence par la crainte d’Allah : une indication spirituelle, cultuelle, nécessitant du musulman d’adorer Allah en toute sincérité, de s’en remettre foncièrement à Lui, de se conformer à toutes les directives du Qur’ân, de faire de leurs applications une protection pour notre propre personne, afin que nos œuvres soient agréées, car nous aurons à rendre compte de nos actes face au Seigneur. Il met tout de suite après ou presque au même rang, puisque c’est la même strophe, la sacralité du sang d’un musulman, sa vie et ses biens, et les place au plus haut degré en élevant cette inviolabilité de la vie au même niveau que celle du pèlerinage, un des cinq piliers de l’Islam !

 

2 - Restituer à son propriétaire ce qui nous a été confié par confiance, quelle que soit la valeur, la qualité, le genre, matériel ou intellectuel. Cette « Amana », qui a donné nombre de dérivés en arabe : fidélité, sécurité, confiance, honnêteté, loyauté, dont l’attribut du prophète « al-Amîne », est une obligation divine de probité, de devoir rendre à son possédant, ce qui nous a été confié en toute sincérité. Viennent ensuite la prohibition de l’injustice, de l’usure, de la vengeance, des exploits préislamiques, et la préméditation du meurtre.

 

3 - N’ayant aucun droit de Cité en terre sainte, ne pouvant être obéi dans cet espace béni par la présence de la Ka’ba et la Révélation du Qur’ân, Satan se contentera de la marge dans laquelle nous lui permettrons d’intervenir dans notre vie ! Sauvegarder la religion en évitant de le suivre sera un des critères intransigeants.

 

4 – Droits réciproques entre époux : hommes et femmes sont partenaires. C’est à une relation d’entente, de complémentarité que le prophète (saws) nous invite, point de rivalité ou de concurrence, mais une vie de respect et de bienveillance. A noter que le prophète (saws) commence par ce qui est dû à la femme et donne un conseil à l’homme musulman : Craindre Allah en traitant la femme, être bien attentionné envers elle. Conseil qui biffe d’un trait, ce que l’occident raciste ne cesse de mettre en relief, disant que l’Islam porte atteinte et discrimination à l’égard de la femme !

 

5 – Pour la seconde fois, le prophète (saws) assure que les musulmans sont frères l’un de l’autre, qui doivent se comporter comme de vrais frères ; et pour la seconde fois aussi, il insiste sur la nécessité de ne point s’emparer des biens de son frère, mais de les lui remettre en bonne et due forme. Ce qui souligne la valeur de la fidélité, de la probité morale et l’exigence de ce trait de caractère par rapport à chaque musulman.

 

6 – Ne point retomber dans la mécréance après le départ du prophète en s’entre-tuant parmi les musulmans, car il a laissé parmi nous cette éternelle anse solide, le Livre d’Allah. Un Livre que tout musulman se doit non seulement de lire ou de mémoriser mais de mettre en application. C’est la troisième fois que le prophète souligne l’importance d’éviter à tout prix de s’entre-tuer entre musulmans, puis il fait la seconde comparaison de l’acte fratricide : la première fois il éleva la sacralité du sang d’un musulman au niveau d’un des piliers de l’islam, ce qui veut dire porter atteinte à ce point égale porter atteinte à l’Islam ; puis, cette seconde fois, il déprécie ce crime et le nivelle à la mécréance, qui est le degré le plus mesquin auquel un musulman puisse s’abaisser !

 

7 – Pour la seconde fois, le prophète (saws) demande à ses frères, à ceux qui devinrent croyants en adoptant l’Islam, en suivant son Message, leur demande non seulement de lui prêter attention mais de méditer sur ce qu’il va leur annoncer… Ce qui souligne l’importance particulière de ce qu’il va dire, qui nécessite écouter et y penser, y réfléchir : notre Créateur est Un, assure-t-il. Là le prophète élimine le polythéisme, la Trinité, la conception tricéphale ou toute autre représentation qui dévie de la transcendance absolue du Créateur. Puis ajoute : Notre père est un : nous sommes tous la descendance d’Adam, et Adam fut créé de poussière… Ce qui veut dire en un mot : L’égalité entre tous les êtres humains… Seule la piété marque une distinction auprès du Seigneur, la piété qui fait une différenciation de noblesse, noblesse du cœur, noblesse de l’âme. Tel est le plus grand témoignage humain, tel est le sommet du message qu’annonce Muhammad (saws) en établissant les fondements de la communauté musulmane comme elle se doit d’être, une communauté de frères et sœurs en droits et en devoirs… Une communauté dans laquelle la noblesse de caractère marque la seule différence parmi les êtres humains.

 

Si le rappel à notre source de création et la fin du voyage physiologique souligne la futilité de tout ce que les gens se ruent, s’entre-tuent pour les accaparer, se les approprier ; si la science moderne n’a pas encore prouvé cette donnée, cette clé de la première formation organique humaine, c’est aux hommes de sciences, que revient ce retard. D’ailleurs ce n’est pas la seule donnée du Qur’ân qui fait appel au progrès pour que les êtres humains voient plus clair. Pour le musulman, la Foi en le Qur’ân ne nécessite aucune preuve, mais pour les non-croyants, pour ceux qui ont besoins de démonstrations, ce Texte Divin est une source inépuisable, et nombreuses sont les données qui n’ont pas encore été sondées.

 

En relevant les idées-clé de ce Sermon, on trouve répétée : la crainte du Seigneur en accomplissant le culte ; et la crainte de Seigneur à l’égard des femmes. La sacralité du sang du musulman élevé au niveau d’un des cinq piliers de l’Islam ; et le crime de répandre ce sang abaissé au niveau de la mécréance, et comme conséquence naturelle et divine : La défense formelle de s’entre-tuer entre musulmans. Répété à deux reprises aussi la probité de remettre ce qui nous a été confié à son possédant : ne rien s’accaparer sans la permission du propriétaire, une honnêteté entière.

 

Réduit encore une fois à un minimum, on trouve que : l’Islam, la vie et les biens du musulman sont sacrés parmi les musulmans, parmi les frères en Islam… Une chose sacrée est inviolable, intouchable en nuisance. Telle est l’essence de ce Sermon d’Adieu que le prophète (saws) nous a laissé comme dernière volonté, en prenant Allah à Témoin qu’il nous a transmis le Message !

 

Lorsqu’on pense à cette mer houleuse de sang répandu, au nombre inimaginable de morts entre musulmans, pour de raisons variées, allant de l’insignifiante bagatelle jusqu’à la haute trahison du monothéisme en tombant dans des sectes et des complots, en passant par toutes les variations et les couleurs de ce triste éventail, on perd le souffle face au prophète, face au Seigneur.

 

Lorsqu’on regarde la triste vision des musulmans de par le monde, on mesure le grand écart qui nous sépare du temps du prophète, de son message, de son Sermon d’Adieu, de ce Testament qu’il nous confia en prenant sept fois Allah à Témoins… Quand on passe en revue les actes de certains grands Cheikhs, d’Imams ou de Dirigeants politiques qui complotent contre leurs frères, musulmans ; contre leurs peuples, musulmans ; qui usurpent les biens de leur père ou frère, musulmans ; qui incitent au meurtre du musulman, au fratricide divinement prohibé et placé au niveau de la mécréance ou le justifient, on voit quelle immense abîme sépare le passé du présent, nous sépare d’un des textes qui ne devaient point s’éclipser de notre mémoire, et la parole se perd, s’écrase dans la gorge…

 

Et pourtant, en toute connaissance de causes, le Seigneur nous Dit :

 

« …Ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah… » ! (39 : 53).

 

Avec cet espoir intarissable en Sa miséricorde pourrons-nous, en pensant à ce lieu béni où fut prononcé cet ultime message, pourrons-nous en toute conscience essayer de réduire cet abîme qui nous sépare les uns des autres, qui nous sépare de ce Sermon d’Adieu que nous a légué le prophète, ce plus bel exemple humain qu’a connu l’Histoire, et le suivre en toute sincèrité ?

 

http://www.alterinfo.net

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