mercredi 31 octobre 2012

« De l’arme «nucléaire» au «CHAMP»; la technologie au service de la frayeur et de la destruction

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Dans ce Monde que dominent la cupidité, l’égoïsme et la course effréné à l’enrichissement, la science et la technologie ont été détournées pour servir les minorités détentrices du Grand Capital, qui inventent des armes funestes, leurs permettant de menacer, de détruire et de tuer pour mieux assoir leur domination, afin d’accaparer les richesses des autres. Ils en sont arrivés même à dénier aux autres  peuples  le droit d’acquérir ces Sciences et ces Technologies.

 

 

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On apprend que l’Armée américaine a testé récemment une nouvelle arme baptisée  « CHAMP » (Counter-electronics High-Powered Microwave Advanced Missile Project).

 

Il s’agit d’un missile qui émet des salves de micro-ondes permettant de rendre inopérant les équipements électroniques lorsqu’il est lancé sur localité donnée. Il peut ainsi neutraliser toutes les installations fonctionnant par l’électronique.

 

En somme, de nos jours, toutes les usines, tous les réseaux de distribution d’électricité et d’eau, toutes les administrations, les télévisions, les hôpitaux etc.

 

Une « grande » invention du siècle qui permet par l’électronique de détruire ou de neutraliser les inventions électroniques sans distinctions.  Keith Coleman, le responsable du programme CHAMP,  précise,  sûrement avec fierté, que

cette  « technologie marque une nouvelle ère, dans la guerre moderne », estimant « Dans un proche avenir, cette technologie pourra être utilisée, pour rendre les systèmes électroniques et les données d’un ennemi, inutiles, avant même l’arrivée des premières troupes ou des avions ». 

 

Encore et toujours pour la guerre et les destructions. Ils n’ont que cela comme morale ! Sommes-nous arrivés aux limites de la science pour entamer la phase de l’autodestruction ?

 

Au fond, est-ce vraiment utile ? N’est- pas stupide et insensé d’investir des sommes colossales pour des armes destructrices, sous le prétexte de défense, sachant de « l’ennemi » finira par acquérir cette technologie ? En peu de temps ! Et après ?

 

Cette hantise à vouloir faire encore plus puissant, plus performant ne devient-elle pas un handicap, car source et cause à plus d’hostilité, plus d’incertitudes, plus de tentions interétatiques, plus de conflits, plus d’ennemis  et plus de dépenses ? La problématique est que chaque arme nouvelle mise au point par une partie devait être rivalisée immédiatement par l’autre. Dès lors, une compétition infernale se déroule pour la possession, en quantité et en qualité, de plus d’armes possible. Une arme devient dissuasive et moyen de pression ou de suprématie quand on en garde le monopole le plus longtemps possible, cependant elle finit toujours, surtout de nos jours où il n’y a presque plus de secret, par devenir un facteur d’insécurité collective par sa généralisation inévitable? Un petit exemple économique : Quiconque devient riche quand on lui donne un million de dollars, mais quand on en donne à tout le monde on crée un problème ; de l’inflation.

 

C’est le cas de toutes les armes dites « dissuasives »  créées jusque-là ! Que faire ? En inventer d’autres plus absurdes ? Faire assassiner les savants des autres, qui semble être le mode opératoire actuellement ? Le monde est arrivé à une phase historique de son évolution où personne ne peut avoir ni le monopole, ni la tutelle sur quoi que ce soit !

 

Comme à toute action répond une réaction, les choses ne sont pas simples, le monde n’est pas figé, l’être humain n’est pas amorphe ou stupide.

 

On croit toujours être le plus fort en inventant des techniques, procédés et armes plus performantes que l’adversaire dans l’objectif de le dominer, mais l’on omet toujours, dans cette volonté, la réplique de l’adversaire qui arrive toujours, surtout à notre époque, à acquérir très rapidement ces moyens pour les retourner contre l’adversaire. Il s’agit de choses scientifiques accessibles.

 

Quand une idée se concrétise, il est facile de la reproduire. Au final, il s’agit d’inventions coûteuses qui seront, en peu de temps, à la portée des concernés visés ; et donc inutiles, car ne permettant pas d’atteindre les objectifs souhaités. Mieux, chez celui qui reproduit  jaillit, en lui, l’idée de l’innovation, la sophistication du produit avec moins de temps et de moyens que l’inventeur « d’origine » ! Bref en croyant inventer des choses pour agresser et dominer les autres on n’a fait, en réalité, que leur lancer un boomerang ! Tout ce qui a été inventé comme arme dans le monde depuis l’antiquité a fini par être à la portée de tous, tôt ou tard. De nos jours, très tôt, parfois aussitôt que l’inventeur commence son application ou sa démonstration sur le terrain. La dernière preuve est le drone ‘secret’ américain,  le RQ 170 de récente technologie, détourné par l’Iran et… certainement reproduit. « À malin, malin et demi » dit-on. On trouve, en effet, toujours plus habile que soi ; quel que soit notre force !

 

Les Occidentaux, en particulier les américains dépensent toujours plus dans l’armement en se justifiant par des raisons sécuritaires. Ce principe de sécurité qui guide et détermine leurs programmes militaires sous les titres entre autres « bouclier anti-missiles » et de « satellites espions » traduit, en fait, une crainte abyssale quant à la nature de la réaction de ceux qu’ils ne cessent de menacer ou d’agresser. Que de « traités » de « conventions » et autres pour rassurer, atténuer les tensions et inquiétudes, mais ils restent insuffisants car volatiles devant les tentations et les appétits voraces des trusts.

 

La sécurité s’assure par la bonne volonté et les bonnes actions et non par les provocations, les hostilités ou les ‘guerres’ par satellites interposés.

 

La concentration du pouvoir est devenue la tendance mondiale la plus importante des 50 ou 100 dernières années. Dans ce processus, le pouvoir militaire joue un rôle décisif, bien que la pensée critique se soit concentrée, peut-être excessivement, sur le pouvoir économique, sans visualiser que c’est le pouvoir dur qui assure la continuité de l’accumulation du capital.

 

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Il y a un siècle et demi, Karl Marx a souligné dans une lettre à Friedrich Engels (du 25 septembre 1857) l’importance de l’armée dans le développement économique, dans les innovations techniques et comme précurseur de la division du travail dans l’industrie, en concluant que « l’histoire de l’armée montre (…) la connexion entre les forces productives et les relations sociales ».

 

L’historien William McNeill, dans son œuvre magnifique « La recherche de la puissance William H. Mcneill » [1], nous souligne que, pour étudier « le macroparasitisme entre les populations humaines », (qui pourrait être assimilé à l’impérialisme), les changements doivent être étudiés spécialement « dans les types d’équipement employés par les guerriers ».

 

Fidèle à son travail le plus connu, « Pestes et peuples » [2], il soutient : « Les altérations dans l’armement ressemblent à des mutations génétiques de micro-organismes dans le sens où elles peuvent, de temps en temps, ouvrir de nouvelles zones géographiques d’exploitation, ou détruire des anciennes limites grâce à l’exercice de la force dans la société même qui les abrite ». Rien de plus semblable à l’histoire de la conquête de l’Amérique.

 

La course aux armements ultra sophistiqués que mènent en avant les États-Unis, suivis loin derrière par une poignée d’émergents, semble chercher ces « changements » auxquels fait allusion McNeill, pour assurer et élargir la brèche de pouvoir des plus puissants par rapport au reste de l’humanité. La cyber-guerre en cours et quelques armes spéciales, comme l’avion supersonique capable de voler à 20 fois la vitesse du son que développe DARPA (l’Agence d’Investigation de Projets Avancés de Défense) des Etats-Unis, font partie de cette ambition de pouvoir.

Le discours récent de Leon Panetta, secrétaire à la Défense des États-Unis, prononcé le 11 octobre dans le porte-avions Intrepid, devenu un musée flottant à New York, fut entièrement consacré à la cyber-guerre. Il a annoncé que son pays vit « un moment de pré-11 septembre » puisque « les attaquants trament » une attaque. Il a accusé directement la Chine, la Russie et l’Iran.

 

Cette fois Panetta n’a pas mentionné le terrorisme comme source d’agressions possibles, mais une probable « attaque cybernéticienne perpétrée par les États-nations » qui perpétreraient un « cyber Pearl Harbor ». Il a exigé que soit approuvée rapidement la « Loi de Sécurité Cybernéticienne » qui octroie au Pentagone des pleins pouvoirs extraordinaires en ce qui concerne la cyber-sécurité.

 

Il a omis de dire, et c’est le point clef, que son département est prêt à lancer le premier coup (contre l’Iran ou le Venezuela), chose difficile à démontrer dans une guerre immatérielle, mais avec des dommages matériels considérables.

Panetta a aussi parlé de cyber-guerre le 8 octobre à Punta del Este, lors de la dixième Conférence des ministres de la Défense des Amériques.

 

Il est arrivé avec un document de 12 pages intitulé « La politique de défense pour l’hémisphère occidental », par lequel il a cherché à dessiner la stratégie militaire du Pentagone basé sur « des objectifs innovateurs, économiques et avec une trace minimale ».

 

Il s’est affronté à plusieurs ministres de la Défense de l’Unasur, bien qu’il ait disposé de l’appui l’enthousiaste du Chili – qui s’est chargé d’élever les propositions préalablement négociées avec le Pentagone – et de la Colombie, ses alliés sud-américains. Il n’a pas pu empêcher que l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua, le Surinam et le Venezuela refusent d’accepter un système « d’assistance humanitaire » coordonné par des militaires, tandis que la Guyane et l’Uruguay se sont abstenus.

 

Il lui a fallu avaler l’appui majoritaire à la souveraineté argentine sur les Iles Malouines (seuls les États-Unis et le Canada ont voté contre).

 

Les pays de la région ne sont pas encore en conditions pour mettre en place un système de défense collective et autonome, mais ils avancent en démontant les initiatives du Pentagone. Quelques jours avant la conférence, le Ministère de la Défense de l’Uruguay a démantelé ce qui aurait été une nouvelle « base en sommeil » au centre du pays, près de l’unique aéroport international hors de la zone côtière.

 

Le projet consistait dans la construction d’à peine une « baraque », mais la manière d’opérer est significative. Il a été élaboré par le Commandement Sud (Southern Command, NDLR) et proposé directement aux forces armées uruguayennes, avec un financement états-unien et l’excuse de les entraîner à faire face à des catastrophes naturelles, mais sans consulter le Ministère de la Défense. Le concrétiser, « supposerait d’octroyer la clef du pays aux États-Unis » avec l’excuse de la formation humanitaire (Brecha, le 12 octobre 2012).

 

Il y a quelques jours, des militaires uruguayens ont participé à des exercices en Floride, au siège du Commandement Sud, en passant au-dessus des autorités civiles, qui ont l’habitude d’apprendre ces participations quand les militaires y participent déjà. Des situations très semblables se passent en Argentine, pas au Brésil ni au Venezuela. Le Pentagone négocie directement avec les militaires, comme si cela était un « TLC entre forces armées ». Le démantèlement de cette façon subversive d’opérer a généré un malaise diplomatique à Montevideo et à Buenos Aires, où ont été aussi coupé les ailes du groupe militaire des États-Unis en Argentine.

 

Le Conseil de la Défense Sud-Américaine de l’Unasur n’a pas encore pu concrétiser sa « doctrine » pour une défense régionale coordonnée. Chaque pas en avant prend des mois et des négociations ardues, tandis que la puissance qui nous considère comme son arrière cour continue de développer « la capacité pour projeter le pouvoir et la force », comme Panetta l’a dit.

 

Cependant, l’offensive lancée à Punta del Este s’est heurtée à l’opposition d’un groupe de pays qui ne sont pas disposés à se laisser imposer les politiques que Washington impose depuis un demi-siècle, comme l’a dit le ministre brésilien Celso Amorim au chef du Pentagone.

 

La sagesse aimerait que les centaines de milliards dépensés soient utilisées  pour le bien de l’humanité et non pour sa destruction ! « La véritable force commence par la sagesse. » (Jean Van Hamme).

 

sources : DJERRAD Amar   

 

http://mediabenews.wordpress.com

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