jeudi 1 novembre 2012

Le lobby juif : Le génocide n’est pas mon affaire [1]

 Rudi BARNET

 

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Les textes de ce « Mémento » n’ont pas la prétention d’être exhaustifs sur la dramatique histoire du peuple palestinien. Ils sont seulement le résultat des recherches d’un citoyen lambda qui veut « comprendre ». L’objectif essentiel est de fournir un « aide-mémoire » à celles et ceux qui, comme moi, sont opposés à toute forme d’embrigadement et qui placent l’être humain au-dessus de toute religion et idéologie. Sauf oubli, on pourra trouver les références de chaque citation ou information. Ainsi le lecteur pourra en vérifier la provenance et compléter ses connaissances. En espérant que ces informations permettront aux citoyens indifférents ou aveuglés par la propagande sioniste, d’être moins crédules et d’avoir une approche plus objective et plus humaine de cette tragédie.

 

Ce "Mémento" est dédié à Yvonne Sterk (Rafiqua Yvon), infatigable militante de la justice et de la paix et grande voix de la résistance palestinienne , qui nous a quittés en 2012.[2]

 

 

 

Qui parle à qui ?

 

Enfant, les témoignages et les informations sur la “solution finale“ m’épouvantaient. Adolescent, j’ai vu les terribles images de "Nuit et Brouillard" de Resnais et le visage d’Irena Sendlerowa, la résistante polonaise qui sauva plus de 2500 enfants du ghetto de Varsovie... Elles sont restées gravées en moi.

 

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                   IrenaSendlerowa                            MarekEdelman                  RaoulWallenberg

  

 

Raoul Wallenberg, ce jeune diplomate suédois qui sauva tant de vies juives en Hongrie et Marek Edelman, le héros du ghetto de Varsovie, font également partie de mon "petit panthéon" personnel. Et c’est, chaque fois, la gorge serrée que j’entre dans ce quartier du ghetto de Venise qui a donné son nom à tous les ghettos du monde.

 

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Entrée du Ghetto de Venise

 

Comme tous les racismes, l’idéologie qui a généré l’horreur nazie doit être combattue sans relâche et les lieux de mémoire doivent être préservés pour témoigner de cette face nauséabonde de l’être humain. Il n’y aura jamais assez de publications, de films, de manifestations pour dénoncer et informer sur ce déshonneur de l’humanité et la Justice doit être intransigeante envers tout acte ou parole agressant nos concitoyens pour la couleur de leur peau, leur religion ou leur culture.

 

La solidarité inconditionnelle à l’Etat d’Israël de certains citoyens de mon pays, qu’ils soient ou non de religion ou de culture hébraïque, et leur allégeance à ce régime –Nous et notre pays Israël... Notre ambassadrice... Notre hymne national “Hativah“... comme on peut l’entendre en permanence sur “Radio Judaica“ [3]– m’a toujours troublé et intrigué. Ils semblent vivre dans un monde différent de leurs concitoyens ... Comme en exil. Se rendent-ils compte que la primauté qu’ils donnent à un Etat étranger, alors qu’ils appartiennent à notre pays, a quelque chose de schizophrénique ? [4] N’ont-ils pas conscience que l’horrible entreprise d’extermination hitlérienne ne concerne pas l’Etat d’Israël, mais tous les citoyens du monde, qu’ils soient de religion hébraïque ou non ? Ne voient-ils pas la perversité des dirigeants israéliens et des fanatiques sionistes qui entretiennent cette confusion et l’utilisent en permanence pour justifier leurs exactions envers le peuple palestinien ?

 

Ce qu’on peut lire ou entendre dans les médias européens de culture juive est, la plupart du temps, sans relation avec la vie de la communauté israélite locale. Au lieu d’informer les citoyens sur des sujets sociaux, politiques ou culturels, de débattre des problématiques d’actualité de leur ville ou de leur pays, la plupart de ces médias consacrent un maximum d’espace et de temps à Israël (faits divers, vie politique, même le bulletin météo) et à relayer la propagande du régime sioniste. Tout en accusant les pacifistes locaux d’importer le "conflit". Ce ne sont, bien souvent, que critiques acerbes des organisations internationales (ONU, Cour internationale de justice, Unesco...), rejets virulents de toute critique d’Israël, discours condescendants envers les autres communautés religieuses (surtout musulmanes), propos injurieux sur les Palestiniens [5], etc. C’en est au point que, dans certains pays, ceux qu’on appelle les "sayanim" en hébreu (bénévoles, aides, assistants...) collaborent directement avec le Mossad [6] en lui communiquant des informations sur des concitoyens, en participant aux campagnes de propagande... jusqu’à, parfois, faire de l’espionnage. [7] Comment ces gens parviennent-ils à concilier cette soumission à un Etat étranger avec le respect dû à leur pays ?

 

Un conte pour endormir les enfants

 

A l’école de mon village, notre instituteur nous vantait les mérites de “ces courageux colons qui allaient faire fleurir un désert“ et nous racontait avec enthousiasme l’épopée de ces valeureux pionniers. Le monde sortait alors d’une guerre terrible, la communauté juive avait connu une tragédie effrayante et le petit écolier que j’étais se réjouissait de ce "happy end", de ce départ vers un avenir prometteur. Longtemps, les enfants de ma génération ont cru à cette fable. Tout comme, sans doute, les jeunes juifs socialistes, idéalistes qui, de bonne foi, sont partis d’Europe pour créer les premiers kibboutzim. On sait maintenant que le slogan "Une terre sans peuple pour un peuple sans terre" n’était qu’une tromperie sordide. Loin d’être un désert, il y avait là-bas des centaines de villes et villages, des cultures prospères, des jardins, des êtres humains de religions diverses. Un peuple de plus d’un million d’humains vivait sur cette terre et la cultivait. [8]

 

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                                   Bethléem 1935                                                Bethléem 1945

 

 

Le temps a passé et, peu à peu, la réalité s’est dévoilée.

On sait maintenant que l’Etat d’Israël est le résultat d’une colonisation violente qui a débuté bien avant la guerre de 1940/945.... Et qu’elle n’a que très peu de lien avec la terrible "solution finale" nazie.

 

On sait aussi, depuis l’ouverture d’une partie importante des archives israéliennes, que la création de l’Etat d’Israël a été réalisée en commettant un véritable crime contre l’humanité : une nettoyage ethnique. Ce "Plan D" élaboré par Ben Gourion et froidement exécuté par les milices sionistes visait à "désarabiser" (sic) le pays en tuant les opposants, en expulsant les populations et en rasant villes et villages.

 

Il fut méticuleusement mis en œuvre dès 1947, près d’un an avant la proclamation de l’Etat. L’objectif de créer un Israël ethniquement "pur" n’a pas vraiment été atteint, puisque "seulement" 750000 à 800000 Palestiniens furent expulsés, quelques milliers de civils exécutés et 531 villages rasés. Et qu’il reste encore des Palestiniens sur cette terre. Il a fallu de nombreuses années pour que, peu à peu, les détails de cette ignominie soient accessibles au public. [9] Même les historiens sionistes reconnaissent aujourd’hui l’existence de ce plan... En minimisant son importance et les conséquences de son contenu, évidemment.

 

De la bonne utilisation de la "Shoah"

 

Aujourd’hui, on sait... Pour autant qu’on veuille savoir. On sait qu’à partir de 1882 et jusqu’en 1939, environ 460000 colons (principalement d’Europe centrale et orientale) sont arrivés par vagues successives.

 

En 1891, l’essayiste hébreu Ahad Ha’Am commentait ainsi sa visite en Palestine : "A l’étranger nous sommes habitués à croire qu’Israël est presque vide ; que rien n’y pousse et que celui qui veut acheter de la terre peut aller là-bas acheter les terres qu’il désire. En réalité, la situation n’est pas ainsi. Dans ce pays, il est difficile de trouver une terre cultivable qui ne soit déjà cultivée". [10] De 1939 à 1946, 150000 nouveaux colons débarquèrent. Seule une petite partie d’entre eux étaient des martyrs des camps nazis. [11] Ce n’est que bien plus tard qu’à l’instar du journaliste israélien Boas Evron, nous avons réalisé que "La conscience de l’holocauste était en réalité un instrument d’endoctrinement de la propagande officielle, un ramassis de slogans, une vision du monde faussée dont le vrai but n’était nullement la compréhension du passé, mais bien la manipulation du présent". [12]

 

Un Tribunal de Nuremberg pour...

 

Les colons sionistes des années 1930, qualifiés de terroristes par l’occupant anglais, ne se préoccupaient guère de ce qui se passait en Europe. En décembre 1942, David Ben Gourion (David Grün de son nom originel, émigra de Pologne en 1906), futur fondateur de l’Etat d’Israël, ayant été informé de la mise en œuvre de la “solution finale“ par les Nazis, se montra pour le moins indifférent ("Le génocide n’est pas mon affaire"). Il est aussi l’auteur de cette affirmation cynique (1938) : "Si je savais qu’il était possible de sauver tous les enfants juifs d’Allemagne par leur transfert en l’Angleterre et seulement la moitié d’entre eux en les transférant vers Eretz-Israël, je choisirais celui-ci, parce que nous sommes confrontés non seulement à la comptabilisation de ces enfants mais aussi avec la comptabilité historique du peuple juif." [13] Ce mépris pour les martyrs de l’Holocauste a été violemment stigmatisé par Simon Wiesenthal, le célèbre chasseur de criminels nazis, au Congrès sioniste de 1946 : “Cela ne nous aurait pas fait de mal d’organiser notre propre procès de Nuremberg contre tous ceux (les dirigeants sionistes) qui n’avaient pas accompli leur devoir envers nous, nos familles et le peuple juif". [14]

 

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Simon Wiesenthal

 

 

Ce procès réclamé par Wiesenthal n’a évidemment jamais eu lieu. Il aurait notamment amené à rendre publics quelques aspects très peu glorieux du mouvement sioniste... Comme sa coopération avec le régime hitlérien.

 

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Militants du Betar de Jabotinsky[15]  à Berlin en 1936[16]

 

Itzhak Shamir, collabo du régime nazi

 

La complicité avec le régime nazi débuta dès l’avènement du “führer“, en 1933, avec le “Haavara Agreement“ entre l’Agence Juive [17] et les autorités allemandes pour l’exportation de capitaux, de produits manufacturés et le transfert d’émigrants.

 

On estime que 40000 à 60000 juifs allemands ont pu bénéficier de cet accord et que les transactions auraient portés sur 14000.000 £ de l’époque. Cet accord entre l’Agence Juive et le régime nazi perdura jusqu’en 1942. [18]

 

Le procès revendiqué par Wiesenthal aurait aussi permis d’en apprendre plus sur le projet d’alliance militaire du "Groupe Stern" d’Itzhak Shamir [19] avec le régime hitlérien. Cette proposition de 1941 –Il y avait alors déjà huit ans que Dachau, le premier camp de concentration, était en "activité"– valu à Shamir d’être arrêté et emprisonné par les Britanniques pour "terrorisme et collaboration avec l’ennemi nazi". [20]

 

Natif de Biélorussie (son nom d’origine : Yezernistky) Shamir est arrivé en Israël en 1935. Mis à part les quelques mois qu’il passa dans une prison de l’occupant britannique, son palmarès d’exploits terroristes, de 1937 à 1948, fut "remarquable" : attentats contre les civils palestiniens, assassinats divers dont celui de Folke Bernadotte, le médiateur de l’ONU, etc.

 

Il intégra ensuite le Mossad [21] et en fut un des patrons pendant une dizaine d’années. Plus tard, il devint premier ministre !

 

Ce sulfureux personnage qui disait, en 1988, que "Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles... Leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs" [22] a été enterré, en 2012, dans le "carré des héros de la nation" et a reçu les hommages obséquieux de nombreux chefs d’Etat occidentaux, dont François Hollande, président de la France.

 

 

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Fiche de recherche de la police britannique concernant Itzhak Shamir

 

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Rapport allemand sur les propositions de collaboration du Groupe Stern[23]

 

 

Ce que nous racontait notre instituteur était donc “bidon“.

 

C’est donc aussi une ignominie d’instrumentaliser les monstruosités nazies pour justifier l’invasion de la Palestine. Ce n’est pas au peuple qui vit sur cette terre à payer pour les crimes de l’Allemagne nazie, ni pour les nôtres. Il est d’ailleurs paradoxal, choquant même, de constater que des rescapés du nazisme ou leurs descendants, ne soutiennent pas aujourd’hui des êtres humains qui subissent l’oppression. Quelle est cette aberrante mécanique mentale qui conduit à l’indifférence face au malheur d’innocents ?

 

Un mufti bien utile...

 

A l’école du village, on nous racontait aussi que "les Arabes qui vivent en Israël s’étaient alliés aux nazis et qu’il fallait les écraser, qu’Al-Husseini, le mufti de Jérusalem, était leur leader, qu’il avait collaboré avec Hitler et appelé les Palestiniens à se joindre aux forces de l’Axe".

 

Nous ignorions alors -certains l’ignorent d’ailleurs toujours, ou feignent de l’ignorer- que cet Amin Al-Husseini avait quitté la Palestine en 1937 (Liban, Irak... et en Allemagne depuis 1941), qu’il était largement discrédité dans le monde arabe... et que son influence sur la population de son pays était plus que limitée. Preuve en est le faible résultat de ses exhortations auprès des nations arabes et de ses compatriotes : seuls 6300 volontaires de divers pays arabes (Egypte, Arabie, Liban, Turquie et Palestine) rejoignirent les organisations militaires nazies, tandis qu’ils furent 259000, dont 9000 Palestiniens, à rejoindre les forces alliées. [24]

 

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Al-Husseini et les SS Croates musulmans de la 13ème  Division en 1943

 

 

Que cet Al-Husseini ait été un personnage exécrable est incontestable –ce n’était visiblement pas l’avis du gouvernement français qui l’hébergea et le protégea en 1945–, mais de là à en faire le “chef“ des Palestiniens... Et lui consacrer plus de place au mémorial de Yad Vashem qu’à des Himmler ou Goebbels –l’espace qui lui est consacré dans “Encyclopedia of the Holocaust“ est seulement dépassé par celui concernant Hitler lui-même– serait risible si ce n’était clairement une manipulation visant à présenter les Palestiniens comme coresponsables du génocide hitlérien. [25]

 

L’ironie morbide de l’Histoire veut que ce mémorial Yad Vashem a été construit sur les terres et les ruines du village martyr de Ein Kerem et en face de ce qui fut Deir Yassin. [26] Deir Yassin, cet Oradour palestinien où, comme prévu dans le sinistre plan de nettoyage ethnique, se déroula un des pires massacres de civils perpétrés en 1948 par les milices sionistes. Il est fort probable que les guides du mémorial préfèrent escamoter cette information depuis le licenciement d’un des leurs : il avait osé en parler à des visiteurs. [27]

 

... Des nazis bien utiles aussi

 

Il est troublant de constater qu’aucun “Tribunal de Nuremberg ou de La Haye“ n’ait jugé certains complices objectifs des massacres nazis, notamment les membres des gouvernements anglais, étatsunien et canadien qui “savaient“ dès 1942, qui connaissaient la mise en œuvre de la “solution finale“ et qui ont cyniquement laissé faire. Après 1945, les “Alliés“ ont été plus que laxistes avec les criminels de guerre allemands, notamment les USA –mais la politique de l’URSS était similaire– qui ont accueilli et protégé de nombreux nazis, dont quatre à cinq mille membres du réseau du général hitlérien Reinhard Gehlen, devenus de bons citoyens américains et “recyclés“ dans la CIA. [28]

 

Quand ce n’est pas le tapis rouge qui est déroulé pour les accueillir, comme pour l’ingénieur nazi Werhner von Braun [29] et son équipe, responsable des V2 qui firent tant de morts.

 

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                   Von Braun et Himmler                               Von Braun et Kennedy

 

 

Aux USA, il fit carrière comme directeur du centre de vol spatial de la NASA et termina ses jours comme citoyen étatsunien couvert d’honneurs (On créa même un "Werhner von Braun Day"). Au même moment les USA fermaient leur frontière à de nombreux juifs qui fuyaient l’horreur. Pourquoi fait-on silence sur ces crimes ? Pourquoi n’ont-ils jamais été jugés ?

 

Témoignage personnel...

 

C’est avec stupeur et colère que j’ai appris, de la bouche même d’un ex beau-frère qu’il coulait des jours tranquilles à Tel-Aviv (il y est mort depuis) avec sa fille et ses petits-enfants. Cet homme était un SS belge de la “Légion Wallonie“. Il avait combattu sur le front de l’Est et prétendait avoir participé à la bataille de Stalingrad. [30]

 

Après la guerre, il avait été emprisonné et déchu à vie de ses droits civils. La dernière fois que je l’ai rencontré, j’ai pu vérifier que son idéologie n’avait pas changé. Son antisémitisme s’était simplement mué en haine des "Arabes". D’où sa stupéfaction quand je lui appris que les Palestiniens étaient des Sémites. [31]

 

Selon ses dires, il se réunissait parfois avec quelques-uns de ses anciens “camarades“, devenus comme lui citoyens d’Israël. Cette situation ne semble guère gêner le gouvernement israélien. Il est vrai que des leaders de l’extrême droite européenne sont régulièrement accueillis par les Lieberman et consorts.

 

... Et premières questions

 

Quand, fin 2008, l’armée israélienne a fait pleuvoir la mort sur Gaza durant 22 jours –tuant 1387 personnes, dont 257 enfants, et faisant 5500 blessés, sans oublier les milliers de bâtiments détruits– les discussions n’ont pas manqué avec des amis qui, mal informés par les "médias officiels", qualifiaient encore d’autodéfense ce que d’autres considéraient comme un crime.

 

Les interrogations étaient multiples :

Par quel mécanisme schizophrénique une grande partie des juifs "extérieurs", notamment d’Europe, peuvent-ils s’identifier à un tel Etat ?

 

Imagine-t-on les catholiques en faire de même avec le Vatican ? Les musulmans avec l’Arabie Saoudite ?

 

Quelle logique aberrante amène des conquérants brutaux à se prendre pour les défenseurs de la démocratie, alors que leurs agissements sont universellement qualifiés de crimes contre l’humanité ?

 

Par quelle construction démente certains en sont-ils arrivés à être persuadés que ce sont les Palestiniens qui veulent occuper leurs terres et qu’ils ne font que se défendre contre eux ?

 

D’où vient que la population israélienne se voile ainsi la face et se fasse la complice d’un régime qui traite le peuple palestinien comme de nouveaux “Untermenschen“ ?

 

Comment font certains de mes compatriotes pour nier l’évidence, pour minimiser les actes d’un régime qui a toutes les caractéristiques d’un État voyou, et pour déclarer antisémite tout opposant à ce régime criminel ? Qu’est-ce qui les empêche de voir la folie des Lieberman [32] et consorts ?

 

Bref état des lieux

 

Avec la myriade de villages militairement isolés les uns des autres, la Cisjordanie, où vit la majorité du peuple palestinien, ressemble indéniablement aux “réserves indiennes“ des Etats-Unis.

 

L’ensemble de ce territoire est sous le contrôle de l’armée israélienne qui fait régulièrement des incursions dans la maigre zone A (4 % du territoire) qui est, en principe, sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.

 

La zone B, dite mixte, est en réalité totalement contrôlée par Israël.

 

Sachant que l’Autorité palestinienne n’a aucun pouvoir sur la zone C, il suffit de regarder la carte pour se rendre compte que Abbas et le Fatah ne contrôlent plus rien, excepté ce qu’Israël décide de lui déléguer, momentanément.

 

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Seul Gaza peut encore être considéré comme territoire sous autorité palestinienne.

 

Objectivement parlant, c’est devenu le “plus grand camp de concentration à ciel ouvert du monde“ [33] avec ses 1,6 million de personnes enfermées dans un espace de 360 km2... Sept fois moins que le Luxembourg. Selon l’ONU, cette population passera à 2,1 millions en 2020 ce qui portera la densité à 5800 habitants au km2. En août 2012, des responsables de l’ONU ont averti [34] : si des mesures ne sont pas prises contre le blocus qui continue à leur être imposé, les conditions de vie des habitants de la bande de Gaza vont s’aggraver d’ici 2020.

 

En Cisjordanie, Israël poursuit chaque jour le vol de l’eau, les destructions de maisons et les expulsions pour l’installation de colonies. A Jérusalem-Est, le régime développe la judaïsation en chassant les habitants, sous l’œil complice des Etats-Unis et des pays de l’Union européenne.

 

Une des techniques utilisées pour s’accaparer les terres est de décréter que tel champ ou telle oliveraie devient zone militaire.

 

Une fois les occupants expulsés, l’armée décide que ce n’est plus une zone militaire... Et la cède aux colons. Il faut y ajouter ce honteux mur (760 km prévus) qui empiète un peu plus sur les terres palestiniennes. Quand il sera achevé, 9,5 % de la Cisjordanie sera côté israélien [35] et le mur privera les habitants de leurs récoltes, d’accès à leurs puits, à leur famille.

 

Dans certains cas –Al Walaja [36] avec ses 2000 habitants est l’exemple le plus connu– le village est carrément enfermé par cette muraille.

 

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Al Walaja, Village/Prison (http://rexistance.blogspot.com)

 

 

En 2004, Israël a été condamné par la Cour de Justice Internationale de La Haye. Elle a exigé la destruction du mur ainsi que le démantèlement des colonies installées au delà de la Ligne Verte de 1967... Israël a répondu par le mépris en continuant d’ériger la barrière et en accélérant la colonisation en Cisjordanie.

 

Il est vrai que, comme le proclamait Sharon : "Israël a le droit de mettre les autres en procès, mais certainement personne n’a le droit de juger le peuple juif et l’État d’Israël". [37]

 

Qui peut d’ailleurs encore croire un seul instant que cette muraille a comme objectif d’empêcher les attentats terroristes, quand on sait qu’elle est loin d’être hermétique : chaque jour, environ 15000 ouvriers palestiniens la franchissent clandestinement pour se faire exploiter comme travailleurs "illégaux“ et sous-payés, évidemment. Le nettoyage ethnique n’a pas cessé depuis 1947... Seulement la méthode!

 

Le sionisme est une idéologie que Albert Einstein, Hanna Arendt et de nombreuses personnalités juives considéraient comme fasciste.[38]

On peut donc être de religion ou de culture juive et fasciste.

Comme on peut être chrétien, musulman, laïc...

 

 

Rudi BARNET


A suivre"Memento(2)"

 

"Les Palestiniens sont des bêtes qui marchent sur deux pattes"


[1] Ben Gourion en 1942! ("Righteous Victims" de Benny Morris, "Knopf Doubleday Publishing Group", 2001 p. 162-163)

 

[2]  "La première fedayine européenne" (Lucas Catherine dans "De Wereld Morgen" du 29/7/2012)

 

 

[3] Radio du CCOJB, mouvement sioniste belge de droite, équivalent au CRIF français.

 

[4] Psychose délirante chronique caractérisée par une discordance de la pensée, de la vie émotionnelle et du rapport au monde.

 

[5] Simple exemple de cette "littérature"(parmi les dizaines de textes diffusés sur les sites sionistes) : "Il faudra utiliser dorénavant, avec ces bêtes sauvages, la méthode "safari" : Une première équipe arrive sur place avec des fusils équipés de flèches porteuses d’une dose de produit anesthésiant, … et tire jusqu’à ce que le troupeau hostile soit neutralisé. Une deuxième équipe assure un périmètre de sécurité pour dissuader les autres bêtes sauvages d’approcher. La troisième équipe, des vétérinaires, traite les "animaux" au sol afin d’assurer à terme leur "remise sur pattes" (Gérard Pierre sur "JSSNews" du 18/5/2012).

 

[6] Organisation comparable à la CIA, responsable de multiples assassinats, enlèvements, attentats, empoisonnements, etc. Lire : Claire Hoy et Victor Ostrovsky, "Mossad, un agent des services secrets israéliens parle" (Presses de la Cité, 1990).

 

[7] Jacob Cohen "Le Printemps des Sayanim" (Editions l’Harmattan", 2010) et "Info-Palestine" du 4/9/2012.

 

[8] 752048 personnes selon un recensement anglais de 1922 et de plus d’un million en 1944 selon le "Palestinian Academic Society for the Study of International Affairs".

 

[9] "Le Nettoyage Ethnique de la Palestine" de Ilan Pappe (Fayard, 2006).

 

[10] "Emet me-Erez Yisrael" (La vérité d’Erez Israël) de Ahad Ha-am (Asher Hirsch Ginsberg).

 

[11] Edwin Black, "L’Accord de Transfert : L’histoire non-dite du pacte secret entre le Troisième Reich et la Palestine Juive" (New York : Macmillan Publishing Co. Londres : Collier Macmillan Publishers, 1984).

 

[12] "Holocaust : The uses of Disaster" de Boas Evron, Journaliste et écrivain israélien (Radical América 1983).

 

[13] "Victimes, Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste" de Benny Morris (EditionsComplexe, 2003).

 

[14] “Simon Wiesenthal, l’homme qui refusait d’oublier“ de Tom Segev (Liana Levi).

 

[15] Né en Ukraine, fondateur du Bétar et de la Légion Juive, principal instigateur politique de l’Irgoun, l’armée clandestine sioniste, responsable d’attentats contre l’occupant britannique et d’assassinats de civils palestiniens.

 

[16] Mouvement de jeunesse para-militaire juif radical, sioniste d’extrême droite.

 

[17] Créée en 1929, c’est le gouvernement de fait de la population juive palestinienne.

 

[18] Encyclopeadia Judaica 2008.

 

[19] Ce groupe (appelé aussi "Lehi") était clairement d’extrême droite. Il prône un Etat israélien basé sur les principes du fascisme italien (lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Lehi).

 

[20] Nathan Yalin-Mor, “Histoire du Groupe Stern“ (Presses de la Renaissance,1978) et Charles Enderlin, “Shamir“ (éditions Olivier Orban, 1991).

 

[21] Services secrets d’Israël (comparable à la CIA).

 

[22] Discours aux colons juifs (New York Times du 1/4/1988).

 

[23] Traduction sur "en.wikipedia.org/wiki/File:SternGang-Doc-Nazi-Collaboration".

 

[24] “Les Arabes et la Shoah“ de Gilbert Achcar, professeur à l’Université de Londres (Actes Sud 2009).

 

[25] Le grand Mufti, les Palestiniens et les nazis (Dominique Vidal, Monde Diplomatique de Décembre 2009).

 

[26] Ziyad Clot “Il n’y aura pas d’Etat palestinien“ (Max Milo Editions).

 

[27]"Haaretz" du 23/4/2009.

 

[28] Frank Garbely et Jean-Michel Meurice "Le système Octogon" (Maha Productions 2008).

 

[29]Pierre Durand "Du nouveau sur le passé nazi de Wernher von Braun" (L’Humanité" du 3/2/1997) et "La Libération (26) : Dora, enterré deux fois" de Morice ("Agoravox" du 23/6/2011).

 

[30] Un détracteur sioniste m’a appris que la "Légion Wallonie" n’a jamais été à Stalingrad... ce rexiste était donc un vantard !

 

[31] Parlant une langue sémitique (arabe, araméen, hébreu…) et originaire du Proche-Orient.

 

[32] Originaire de Moldavie, a émigré en Israël en 1978.

 

[33] Selon le dictionnaire : lieu fermé de grande taille créé pour regrouper et détenir une population considérée comme ennemie.

 

[34] "Le Parisien" du 27/8/2012.

 

[35] Laurent Zecchini dans son article "Prières contre le mur de Crémisan" (Le Monde du 19-20 août).

 

[36 ] Voir le reportage "La bataille d’Al Walaja" (www.france24.com/fr/20100723).

 

[37] A la BBC le 25/3/2001.

 

[38] Lire la lettre des 29 peronnalités juives au "New York Times" du 4 décembre 1948.

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