samedi 17 novembre 2012

Les opinions arabes en colère contre le soutien occidental à Israël : Donnez à Ghaza les moyens de se défendre !

 Salem Ferdi

 

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Approuvé avec une rapidité et une force très remarquée par l'Administration Obama, Israël a poursuivi, hier vendredi, sa guerre contre Ghaza.

 

Les réactions occidentales qui, en général, imputent, et contre l'évidence des faits, au Hamas la responsabilité de l'escalade, provoquent l'écœurement général au sein des opinions arabes. Il faut armer les gens de Ghaza, c'est ce que les opinions réclament de l'Atlantique au Golfe.

 

Encore une fois, la duplicité des Occidentaux si soucieux de nos libertés en Syrie et en Libye, s'étale sans pudeur, en approuvant les agresseurs et en dénonçant les agressés.

 

De la Maison Blanche à «l'escroc politique» qu'est Tony Blair en passant par Mme Merkel, qui demande à l'Egypte d'user de son «influence» pour demander à Hamas de cesser «ses attaques», les Occidentaux sont en ordre serré pour approuver la guerre de Netanyahu contre Ghaza.

 

Hier, ce sont cinq Palestiniens qui ont été tués dans des attaques aériennes israéliennes sur Ghaza.

 

Dans cette guerre disproportionnée déclenchée par Israël en assassinant Ahmed Jaabari, chef militaire du Hamas qui, de fait, supervisait la trêve, les Palestiniens sont démunis même s'ils sont prêts à se battre avec courage. Cette disproportion des moyens se traduit déjà par l'écart entre le nombre des victimes depuis mercredi : 23 Palestiniens contre trois Israéliens.

 

Devant le discours cynique des Occidentaux qui accusent le Hamas -qui a tout fait pour respecter la trêve durant les cinq dernières années contrairement à Israël-, la seule vraie option est qu'il faut armer Ghaza et lui donner les moyens de se défendre contre l'agresseur.

 

Aucun responsable arabe ne peut désormais justifier qu'il arme des Syriens pour s'opposer à Bachar Al Assad, tout en refusant d'armer les Palestiniens qui subissent une agression destinée à les anéantir politiquement et à briser leur résistance.

 

L'EGYPTE EN PREMIERE LIGNE

 

L'Egypte est clairement en première ligne. Le grand peuple d'Egypte libéré du «collabo» Moubarak n'acceptera pas la «neutralisation» de l'Egypte pour quelques milliards de dollars. Jeudi, une manifestation spontanée devant le siège de la Ligue arabe demandait de «briser le siège» et de «bombarder Israël».

 

Le Premier ministre égyptien, Hicham Qandil, s'est rendu à Ghaza où il a visité un hôpital aux côtés d'Ismaïl Haniyeh, le chef du gouvernement du Hamas. L'Egypte n'est déjà plus dans l'attitude honteuse de Moubarak mais aux yeux des Egyptiens, cela restera insuffisant.

 

D'autant que les Palestiniens de Ghaza, à travers Ismaïl Haniyeh, ont fixé un seuil minimal de solidarité : une ouverture sans limite du passage de Rafah. Les Frères musulmans au pouvoir en Egypte doivent démontrer que leur soutien aux Palestiniens reste aussi fort qu'il l'était, hier, alors qu'ils étaient dans l'opposition.

 

Pendant des mois, la propagande des serviteurs d'Israël présentait le «Printemps arabe» comme étant en opposition avec le caractère central de la question palestinienne. Or, l'attitude servile de Moubarak à l'égard des Américains et d'Israël a été un des facteurs les plus puissants du mouvement de révolte contre le régime.

 

La question palestinienne était bien au cœur des contestations. Et Israël, en lançant sa guerre à outrance contre Ghaza, recentre les attentions des opinions publiques arabes.

 

DES MISSILES IRANIENS SUR TEL-AVIV

 

Les prises de positions occidentales en faveur d'Israël accentuent le sentiment de défiance à l'égard de capitales dont la défense des droits de l'homme et des peuples est à géométrie variable. Il est clair que cette attaque est, en bonne partie, un moyen pour Israël de tester la réaction du nouveau pouvoir en Egypte.

 

Les questions et les pressions auxquelles est soumis désormais le président Mohamed Morsi valent pour d'autres pays. Il y a la pression de plus en plus forte des opinions publiques dont l'antiaméricanisme ne peut que se renforcer devant le soutien de Washington. Il y a, sans surprise, la pression américaine pour que l'Egypte demeure «neutralisée» et joue le rôle de garde-chiourme qui lui était dévolu sous Moubarak.

 

Il y a, enfin, les appels du Hamas qui a pris le risque de rejoindre la «famille sunnite» des Frères musulmans et de prendre ses distances de Téhéran et de Damas. Or, ce sont des missiles iraniens qui sont arrivés, pour la première fois, sur Tel-Aviv. Les Palestiniens ont des hommes prêts à se battre. Il leur manque les moyens de s'attaquer aux blindés israéliens qui s'apprêtent à envahir, encore une fois, le territoire. Il leur manque des missiles pour riposter. Il leur manque les moyens de se défendre.

 

Et c'est bien la raison de cette clameur qui monte du monde arabe, de l'Atlantique au Golfe : donnez des armes à Ghaza ! Les «Frères» d'Egypte écouteront-ils leur opinion et leurs «Frères» de Ghaza ? Plieront-ils devant les pressions américaines ? C'est tout le «Printemps arabe» qui est mis à l'épreuve à Ghaza.

 

http://www.lequotidien-oran.com

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