vendredi 1 février 2013

Cheikh Imran Hosein à Algeriepatriotique : «Les musulmans doivent cesser d'utiliser le dollar» (I)

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Imran Hosein lors de l'interview. Photo Algeriepatriotique

 

Algeriepatriotique : Vous avez prédit depuis plusieurs années le déclin du système financier mondial basé sur une monnaie dont la valeur est régulée artificiellement. Y a-t-il un moyen pour les pays musulmans de sortir de ce système frauduleux ?

 

Cheikh Imran Hosein : Salam alaïkoum ! Je suis si heureux de m’adresser à l’Algérie, pays des moudjahidine. C’est aussi un grand plaisir pour moi de vous entendre me poser cette question concernant le monde actuel de la finance. C’est une véritable musique dans mon oreille de vous entendre le décrire comme un «système monétaire frauduleux» car, malheureusement, nos oulémas musulmans ne sont pas, eux-mêmes, encore arrivés à cette conclusion.

 

Les livres de fiqh qu’ils étudient ne traitent pas de l’économie moderne liée à la finance internationale et n’ont donc pas une connaissance soutenue de ce sujet. Les oulémas souffrent, à la fois, d’un manque de connaissances et d’outils d’analyse à travers lesquels ils seraient arrivés à la conclusion que vous venez d’évoquer, à savoir que le système monétaire moderne qui a vu le jour à la conférence de Breton Woods en 1944, et qui s’est effondré en août 1971 pour être remplacé par le système monétaire basé sur le pétrodollar, est faux, frauduleux et illicite.

 

Ce système agit comme un véhicule pour l’exploitation économique et l’esclavage financier progressif des masses à travers le monde. Tant que les oulémas musulmans n’étudieront pas l’économie monétaire internationale et acquièrent le courage de se battre pour la vérité et la justice (al-mâroûf) et s’opposer à tout ce qui est faux et injuste (al-munkar), il sera impossible pour les musulmans d’échapper à cette toile financière empoisonnée qui a été tissée autour de nous. Nous devons confronter nos oulémas en Egypte et ailleurs avec l’argument que la charia islamique ne pourra être renforcée que si nous restaurons le dinar et le dirham comme monnaie. Et nous ne pourrons pas restaurer le dinar et le dirham comme monnaie tant que nous demeurerons des Etats membres du Fonds monétaire international (FMI), parce que les clauses imposées par le FMI – mystérieusement ! – prohibent l’utilisation de l’or comme monnaie. Si le monde veut savoir pourquoi le FMI, qui a été conçu par les sionistes, interdit l’utilisation de l’or comme monnaie, il faudra poser cette question à Ad-Dajjâl (le faux Messie).

 

Celui-ci expliquera, alors, qu’il veut imposer ses règles à l’ensemble de l’humanité tout en régnant sur Israël. Ainsi, seulement, pourra-t-il convaincre les juifs qu’il est effectivement le Messie ! Le système monétaire frauduleux d’Ad-Dajjâl ne saurait être instauré si l’or est utilisé comme monnaie. Ad-Dajjâl a besoin d’un système monétaire frauduleux pour réduire une partie du monde à une pauvreté abjecte et à un esclavage financier tout en enrichissant cette autre partie du monde qui le soutient et travaille pour lui. Les soutiens à Ad-Dajjâl peuvent être trouvés aujourd’hui parmi l’élite nantie du monde musulman.

 

Deuxièmement, si les oulémas musulmans étudiaient l’économie monétaire internationale et acquéraient la connaissance liée à ce sujet, ils pourraient alors être convaincus d’utiliser les arguments religieux pour mobiliser les masses pour qu’un tel changement restaure le dinar et le dirham comme monnaie. Ceci est possible, car beaucoup de pays dans le monde musulman, même lorsqu’ils sont sécularisés et qu’ils adoptent un mode de vie moderne, n’en ressentent pas moins de l’amour pour l’islam, pour les valeurs morales et pour ce qui est droit et juste, et, par conséquent, s’opposent à tout ce qui faux et injuste.

 

Tant que l’amour pour l’islam et pour la vérité et la justice existe dans leurs cœurs sécularisés, il nous sera toujours possible de pénétrer leurs cœurs avec des arguments religieux dont voici un exemple : Mahmoud offre à Ahmed une somme d’argent, en dinar ou en dirham, dans le cadre d’une transaction commerciale entre eux. Les oulémas musulmans ont le devoir d’expliquer à Ahmed que s’il refusait d’accepter le dinar ou le dirham pour le paiement de la somme due et exige d’être payé en contrepartie en dollar américain, en roupie pakistanaise ou indonésienne, alors, il commettrait un péché pour lequel il devra répondre le jour du Jugement dernier. Ceci est un argument que les oulémas musulmans pourraient utiliser, en effet, non seulement pour pousser les masses musulmanes à acquérir dinars et dirhams, mais aussi pour les utiliser pour acheter et vendre.

 

Les gouvernements laïcs dans le monde musulman qui sont obligés de maintenir la loi (sioniste) internationale ne peuvent pas, aujourd’hui, transcender cette stratégie religieuse si elle est mise effectivement en application par les oulémas. Dans ce cas, l’Etat ne pourrait plus arrêter la propagation de l’usage du dinar et du dirham comme monnaie, défiant ainsi la loi (sioniste) internationale. Troisièmement, les oulémas peuvent s’appuyer sur la sourate «A’tawba» pour dire que toute personne qui rendrait illicite ce que Dieu a considéré comme licite (comme l’usage du dinar et du dirham) se rendrait coupable de chirk (association d’autres dieux ou des êtres à Dieu) et que ce péché est le seul que Le Tout-Puissant ne pardonne jamais.

 

De plus, tous ceux qui accepteraient la loi du FMI interdisant l’usage de l’or comme monnaie et s’abstiennent d’utiliser l’or comme monnaie commettent le chirk. Quatrièmement, les oulémas peuvent déclarer, à juste titre, que le retrait de cette «monnaie» qui est citée aussi bien dans le Coran que dans la Sunna (c’est-à-dire le dinar et le dirham), et son remplacement par la fausse monnaie actuelle, constitue une hérésie (bid’a) et ceux qui se rendent coupable d’une tel péché répréhensible, comme ceux qui l’acceptent, iront en enfer. Enfin, nous avons besoin d’enseigner la monnaie dans l’islam aux syndicats qui, une fois cette connaissance acquise, réclameront que les travailleurs touchent leurs salaires en vraie monnaie (c’est-à-dire en dinar et en dirham) au lieu et place de la fausse monnaie. Les leaders du mouvement syndical, au même titre que les oulémas musulmans, ne maîtrisent pas la question de l’économie monétaire internationale. Aussi s’engagent-ils dans des négociations pour revendiquer des augmentations salariales, mais dès qu’ils obtiennent une augmentation, Ad-Dajjâl recourt à l’inflation et baisse la valeur de cette fausse monnaie. Et comme la monnaie perd de sa valeur, du coup, l’augmentation des salaires n’a plus aucun impact. Les oulémas ont besoin de se réveiller et de reconnaître que l’inflation est une forme d’usure (riba).

 

Nous avons entendu parler du projet de Mouammar Kadhafi d'instituer le dinar basé sur la valeur or en Libye. Cela pourrait-il avoir une relation avec son exécution ?

 

D’abord, avant l’insurrection armée en Libye, nous n’avons jamais entendu parler de plans ou d’efforts libyens pour un retour au dinar basé sur la valeur or comme monnaie. Nous ne savions pas que la Libye détenait des réserves substantielles d’or dans le pays ; ce qui est un bon signe. Le FMI n’a pas seulement interdit l’utilisation de l’or comme monnaie, les clauses de l’accord ont également requis des Etats membres qu’ils déposent au FMI (et cela a impliqué en dernier recours la Réserve fédérale américaine) 25% de leurs avoirs en or. Les sionistes ont concocté cette loi de sorte qu’ils sachent la quantité d’or détenue par chaque Etat membre une fois qu’il aura déposé les 25%. Le FMI a également interdit aux Etats membres d’acheter ou de vendre l’or sans l’informer.

 

Où étaient les oulémas musulmans quand ce système monétaire satanique a été mis en place ? Etaient-ils en train de se prélasser et de siroter un café ? Les sionistes ont alors posé le piège. Que peut faire un Etat avec ses réserves d’or lorsque celles-ci ne peuvent pas être utilisées comme monnaie ? Cet or croupit dans les coffres, sans plus. Le FMI a dit : «Vous pouvez obtenir des prêts du FMI à condition que nous utilisions votre or comme garantie. Nous vous accorderons des prêts à des taux préférentiels.» Les Etats membres ont alors rué aveuglément vers le FMI pour y déposer beaucoup de ce qui leur restait comme or dans les coffres de la Banque fédérale, laquelle appartient aux sionistes, tout en acceptant des prêts du FMI avec des intérêts. C’est ainsi que les sionistes ont réussi intelligemment à s’assurer un contrôle physique sur la majeure partie des réserves d’or mondiales, à l’exception de l’or libyen. Nos oulémas ont-ils un jour mené un combat contre l’argent emprunté du FMI contre des intérêts ? N’était-ce pas de l’usure (riba) ? Allah n’a-t-Il pas prescrit cette pratique ? Le prophète Mohamed (QSSL) n’a-t-il pas maudit ceux qui sont impliqués dans la pratique usurière : les emprunteurs, les prêteurs, etc. ?

 

La nation musulmane s’est-elle un jour posée la question de savoir où le FMI se procurait l’argent avec lequel il accorde des crédits à des taux préférentiels ? Les Etats-Unis sont le plus grand contributeur du FMI. Par conséquent, les Etats-Unis ont pour intérêt le contrôle du FMI. Le dollar américain est un pétrodollar. Il n’a pas de lien avec l’or. Tout ce dont les Etats-Unis ont besoin pour créer une quantité illimitée d’argent (la seule limite étant le ciel !), c’est une imprimante, du papier et de l’encre. C’est tout. La France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou n’importe quel autre pays peuvent-ils créer une fausse monnaie ? Non !

 

Seule la Réserve fédérale américaine (appartenant aux sionistes) peut le faire. Ils (les sionistes)  impriment de l’argent à partir de rien, ils créent de la richesse à partir de rien. Puis, ils proposent de prêter cette fausse monnaie à nous autres en imposant des intérêts et se servent de notre or comme gage. Et le piège s’est refermé ! Les Etats membres ont vendu de plus en plus de quantités de leur or à la Réserve fédérale de sorte que les 25% deviennent 45%, puis 50% et ainsi de suite. Nous avons utilisé notre or comme gage, croyant que cet or était en sécurité et que lorsque nous voulions le récupérer, ils pouvaient nous le restituer contre un simple paiement du prêt. Aujourd’hui, l’Allemagne subit des pressions et veut rapatrier son or. Mais la Réserve fédérale et le FMI ont refusé de le restituer. Le gouvernement allemand a, alors, demandé un audit pour savoir de combien d’or il dispose exactement, juste pour confirmer qu’il se trouvait toujours à New York. Mais le FMI a refusé. Donc, Kadhafi devrait se voir attribuer ce mérite s’il avait accompli cet acte censé ramener l’or libyen en Libye. Hugo Chavez est en train de faire la même chose au Venezuela. Le peuple algérien doit demander à son gouvernement de ramener son or en Algérie. C’est une chose sensée. Mais nous n’avons jamais entendu parler d’un plan libyen visant à utiliser l’or comme monnaie, de réhabiliter le dinar et le dirham en tant que système monétaire.

 

Interview réalisée par Mohamed El-Ghazi et M. Aït Amara

(Suivra)

 

http://www.algeriepatriotique.com

 

 

 

3ème Conférence Mondiale Annuelle sur RIBA (Usure) - Sheih Imran Hosein & Salinas Price

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