mardi 18 septembre 2012

Campagnes chritianophobes en Israël

Gilles Munier

 

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Dans les territoires occupés par Israël, notamment à Jérusalem, des extrémistes juifs s’en prennent aux Palestiniens chrétiens et aux congrégations religieuses étrangères. Les décisions de l’Unesco en octobre 2011 d’accepter en son sein l’Etat palestinien, puis d’inscrire en juin dernier - en urgence - la Basilique de la Nativité à Bethléem au Patrimoine mondial de l’Humanité ont rendu furieux Benyamin Netanyahou et les tenants des lobbies pro-israéliens dans le monde.

 

Dans les deux cas, les Etats-Unis ont voté contre. En France, Richard Prasquier, président du CRIF, est monté au créneau en parlant d’opération « visant à lutter contre la légitimité ou la légalité de l’Etat d’Israël » (1) ! Rappelons que la ville est située dans les territoires occupés en juin 1967, appelés « Judée-Samarie » par les Israéliens… Pour son maire, Victor Batarseh, Israël n’acceptera d’évacuer les colonies installées dans la région et les résolutions de l’ONU que contraint par un « boycott à la fois commercial, culturel et sportif » (2).

 

« Jésus est un singe »

 

A Jérusalem, en février 2012, après avoir vandalisé un cimetière chrétien sur le Mont Sion, des fanatiques ont tagué les murs du monastère de la Croix (grec-orthodoxe) de graffitis du genre : « Mort aux chrétiens », « Jésus est un singe », « Nous allons vous crucifier », « Marie était une prostituée ». Ils s’en sont pris ensuite à l’église baptiste de la rue Narkis, puis ont incendié, le 4 septembre, la porte du monastère catholique de Latroun, connu pour son vignoble. Les évêques de Terre sainte ont demandé, sans résultat, aux autorités israéliennes de mettre fin aux « actes odieux et hostiles » et d’enseigner le respect dans les écoles. L’Autorité palestinienne voudrait que les incendiaires soient traduits en justice… La police dit enquêter, mais les vandales ne sont jamais trouvés. Ils signent pourtant leurs forfaits : « Le prix à payer », une organisation clandestine composée, notamment, de membres de la colonie sauvage de Migron qui se vengent sur les Palestiniens, musulmans et chrétiens, d’une décision de la Cour suprême d’Israël – prise il y a dix ans et finalement appliquée - d’évacuer les terres agricoles qu’ils occupaient.

 

Les pages de l’Evangile déchirées

 

Pour les prêtres chrétiens, sortir dans Jérusalem est un enfer. Ils se font cracher dessus par les juifs orthodoxes. Selon le professeur Israël Shahak, ancien président de la Ligue israélienne des droits de l’homme - décédé en 2001 – pour les juifs extrémistes, « déshonorer des symboles religieux chrétiens est un devoir religieux » depuis le 2ème siècle de l’ère chrétienne (3). En 2008, les ultra-sionistes avaient organisé un autodafé public du Nouveau Testament à Or Yehuda, dans la banlieue de Tel Aviv. Ils ont remis ça en juillet dernier avec Michael Ben-Ari, député du groupuscule Ihoud Leoumi (Union nationale), proche des milieux colons, qui s’est fait photographier déchirant les pages de l’Evangile (4). On comprend pourquoi Benjamin Netanyahou, qui chouchoute les rabbins fanatiques et leur électorat raciste, ferme les yeux sur les attaques d’églises et sur les humiliations dont les prêtres sont victimes.

 

(1) Grand entretien avec Richard Prasqier (JSS News - 19/9/12)

(2) Victor Batarseh : « Le dossier Bethléem peut aller vite », entretien réalisé par F. G.-R. (L’Humanité – 23/12/11)

(3) Cité par Gilad Atzmon, « Unis contre les crachats » (Palestine Solidarité – 30/11/09)

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Gilad_Atzmon.301109.htm

(4) Un député d'extrême droite déchire le Nouveau Testament

 

http://www.france-irak-actualite.com/

http://www.lematin.ch/monde/faits-divers/Un-depute-d-extreme-droite-dechire-le-Nouveau-Testament/story/28245589

 

http://www.alterinfo.net

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